Historama

Lorsque j ‘étais  petit garçon, les illustrations qu’on trouvait dans les manuels  d’histoire destinés aux enfants, ont provoqué en moi  de  sublimes sensations et ont éveillé mon imaginaire. Plus tard, les tableaux  grand format des peintres immortalisant des scènes historiques m’ont fait voyager dans le temps.Par la suite, les films de cape et d’épée m ‘ont fait  de toute évidence beaucoup rêver. Pour réaliser cette série, je me suis laissé guider par le souvenir des sensations  que j ‘éprouvais lorsque j ‘étais enfant au contact de ces visuels.Le metteur en scène et scénariste de ces images , c’est l’ enfant qui construit une histoire avec ses play-mobiles, ou encore l ‘adolescent qui joue à des jeux de rôle.

Veuillez contacter l’agence Leemage si vous voulez utiliser ces images à des fins commerciales.

LIVRE HISTORAMA

couverture
historama1
historama2
historama3
historama4
historama5
historama6
historama7
historama8
historama9
historama10
historama11
historama12
historama13
historama14
historama15
historama16
historama17
historama18
historama19
historama20
historama21
historama22
historama23
couverture2

César marchant sur Gergovie

En ce matin de printemps de l ‘an 52 Av JC, le grand et noble Jules César se trouve sur les contre forts du plateau de Gergoia, prêt à lancer ses troupes contre l’oppidum et les sommets voisins, occupés par les troupes gauloises du jeune et déjà valeureux Vercingétorix.

L ‘air est pur et frais. A l’horizon se profile la ligne bleue des volcans de ce pays arverne qu’il aimerait bien ajouter dans l ‘escarcelle de ses succès afin de conquérir l ‘ensemble des Gaules.

César inspecte avec fierté et confiance le défilement des six légions de soldats qu’il a gardé avec lui, car il sait que ce jeune Vercingétorix ne va pas lui faciliter la tâche. En effet, ce fougueux guerrier de 20 ans  a réussi à rassembler les forces  gauloises. Il a appelé en renfort les Nitiobroges d’ Aquitaine, les Rutenas et les Gabales venus du sud arverne.

Cependant, César compte bien sur la fragilité de cette coalition ainsi que sur l ‘aide des Eduens et surtout celle des Germains qui pourraient servir de bouclier à ses fantassins.

Mais personne ne sait vraiment  combien sont les gaulois. De plus l’oppidum est difficile d’accès, avec ses rocailles volcaniques, et ce Vercingétorix a fait renforcé les remparts de la bourgade de Gergoia.

Cette cité est riche et bien située au milieu de la Gaule. La  prendre serait une étape décisive dans la conquête, car les arvernes sont  puissants et  prestigieux.

Immobile sous le ciel lumineux de ce pays si fier, Jules César contemple, satisfait, l ‘allure impeccable de ses nombreux soldats. L ‘alignement est parfait. Les armes sont  bien tenues. César s’enorgueillit de la discipline et de l ‘entrainement qu’il impose à ses légions. Les troupes du jeune nobliau sont sans  doute rusées et bien informées, mais n ‘a t il pas déjà gagné la bataille contre lui en Narbonnaise? Il peut à coup sûr le vaincre une nouvelle fois.

César rêve déjà à sa victoire, car en arrivant par le nord et en suivant l ‘Allier il a bien vu que la terre de cette grande plaine limoneuse était riche et prometteuse de récoltes abondantes. Il a bien remarqué que sur les pentes des coteaux  poussaient des vignes et qu’une fois réalisée la conquête, il pourrait peupler ce pays et en  extraire le pain et le vin si nécessaire à la vie quotidienne, ainsi qu’aux nombreuses fêtes appréciées des Romains.

Pour l’heure il s’est contenté de construire un grand camp et un autre plus petit pour y abriter ses troupes et de procéder au ravitaillement de ses hommes. Il ne sait pas encore, avec ces  gaulois  braillards et furieux, combien de temps il lui faudra pour gagner la bataille. Mais ce qu’il ne sait  surtout pas, lui qui regarde scintiller sous le soleil, les casques et les lances de ses légions, ce dont il ne se doute pas , en ce matin léger et lumineux de printemps de l ‘an 52 Av JC , c’est qu’il va perdre sa grande  bataille de Gergovie.

Première rencontre entre le cardinal de Richelieu et milady de Winter.

La nuit vient à peine  de tomber lorsque le Cardinal apparaît seul dans sa  robe rouge dans le fond sombre de ce coin de jardin. IL  regarde autour de lui de son œil pénétrant et distingue, qui sort de derrière une haie  la belle Milady de Winter.

C ‘est la première fois qu’il a affaire à cette aventurière sans scrupule. Il  connaît un peu son passé criminel  et compte aller droit au but.

– Bonsoir mademoiselle. je vous sais gré d’être ponctuelle à notre rendez vous,  et vous  serai  reconnaissant de rester invisible dans les prochains jours.  Mais qui  donc  est ce jeune homme qui vous accompagne ?

– Je vous salue comme il se doit  Monseigneur, et le compagnon que vous voyez ici, n ‘est autre que le comte de Rochefort. Il est tout dévoué à ma cause,  et vous pouvez vous y fier.

– Bien, nous n ‘avons que peu de temps, et il ne faudrait pas qu’on nous découvre ici à pareille heure.

– Vous n ‘encourez aucun danger Monseigneur, le comte de Rochefort a posté deux de ses hommes  à chaque entrée de cette partie du jardin.

– Parfait, parfait .Allons au fait.  Vous n ‘êtes pas sans savoir, car tout se sait ici , que la reine Anne D ‘Autriche a une relation ,que l’on dit amicale , mais comment cela pourrait- être n ‘est ce pas , avec le Duc de Buckingham.

– En effet.  Le roi est il au courant ?

– Que nenni, et justement j ‘aimerais  confondre la reine afin que notre bon roi Louis XIII recouvre son honneur.

– En quoi mes services pourraient- ils vous convenir  Monseigneur ?

– Voilà donc l ‘affaire en quelques mots. La reine a offert des ferrets de  diamants au duc de Buckingham. Or le roi organise une fête et souhaite que la reine  lui montre ces ferrets. La reine va se sentir obligée de demander au duc de lui rendre ses diamants. Et moi je  désire que vous partiez dés demain pour Londres, et que vous subtilisiez ces dits diamants afin que le Duc  soit obligé  d’en faire des copies.

– Ainsi le roi pourra confondre la reine car il se rendra compte que les ferrets sont faux.

– Plus que la reine, mademoiselle, c’est le Duc que je veux humilier en  le faisant accuser de faussaire !

– Monseigneur, voilà votre souhait presque  réalisé  dit en souriant la jeune femme.  Mais que me donnerez vous en contre partie ?

– Ma chère, mais mon soutien, et mon entière protection.

– Croyez vous que cela  me suffira ?

– Hum. ! J ‘avais ouïe dire que vous étiez gourmande.  j ‘ai  cependant d’autres missions plus difficiles à vous confier et ……

– Comme quoi par exemple ?

– Assassiner le duc de Buckingham !

– Comme vous y allez Monseigneur ! Dans ce cas, j ‘exige que vous me permettiez de me venger de  D‘ Artagnan.

– Ce mousquetaire ? Mais  que vous a t il fait ?

– Ah Monseigneur, la nuit est tombée et vous êtes pressé. Donnez moi seulement l ‘autorisation de me débarrasser de se  malfaisant.

Kitchen of my Lord

– Depuis quand la dernière arrivée dans cette cuisine donne des leçons ? dit la vieille Lisbeth  en mettant ses mains sur ses hanches.

– Ne soyez pas furieuse Lisbeth, j’essaye seulement de montrer une recette très prisée à la cour du Roi de France  répond la jeune femme dans un mauvais anglais.

– Ah parce que mademoiselle  vient de la cour de France ?

– Non bien sûr Lisbeth .Mais   à Paris je vendais des produits laitiers et…..

– Et tu as rencontré Lord Winter par hasard,  qui t’a prise pour cuisinière !! Ah Ah Ah ! Tu ne nous feras pas croire une  once de cette histoire  la crémière.

– Laisse la s’expliquer, dit alors Anna qui jusque là n ‘a fait qu’observer ce mélange de farine et d’œufs dans la  grande écuelle.

– Ce n ‘est pas à elle à prendre la parole réplique Lisbeth !  Et qui est- elle cette pimprenelle, pour avoir autant de toupet et  ce  si mauvais  accent ?

– Ne crie pas comme ça  dit alors Betty qui n ‘a encore rien dit, et qui observe aussi cette jeune femme  qui  met tant de cœur à la besogne. Tu vas réveiller le petit.

– Et comment vas- tu faire l ‘étrangère  pour faire cuire cela ? Notre maitre Lord de Winter est on ne peut plus anglais. Tous  ces mélanges sucrés  lui donnent la nausée.  IL a perdu sa belle santé  et ne sort plus guère.

– Ne t’inquiète pas  la petite française, la Lisbeth a mauvais caractère , réplique Anna , mais si tu réussis ta recette,  et si elle est au goût de notre maitre , eh bien soit sûre que c’est elle , la Lisbeth, qui en recevra les félicitations, car elle est la seule à  monter le servir  lui et sa famille , ou du moins ce qu’il en reste .

– Je croyais que sa nièce Milady, venait encore le voir, dit la femme qui se tenait assise autour de la grosse table avec un enfant dans les bras ?

– Milady de Winter est une aventurière de la pire espèce dite Anna. Elle baigne dans je ne sais combien d’affaires scabreuses, et je crois que Lord de Winter ne veut plus entendre parler d’elle. On dit même qu’elle aurait un fils qu’il ne veut pas connaître. .

– C ‘est bien ce que je voulais dire, réplique Lisbeth. La  française, avec sa  nouvelle recette venant de France, va nous l’indisposer. Vous savez bien qu’en ce moment il ne veut rien entendre  sur la France.

– Arrêtez de vous chamailler pour un plat  auquel notre Lord ne touchera peut être pas ajoute  la  femme à l ‘enfant.

– Eh bien, nous le gouterons  ton plat, nous autres, dit Anna, si le maître n ‘en veut pas, car nous n ‘avons que faire  de ces histoires entre l’Angleterre et la France.  . Domestiques nous sommes, domestiques nous resterons.

– Au  fait la française, dit la vieille Lisbeth soupçonneuse. Tu ne nous as toujours pas dit  comment il se fait  que tu sois employée dans notre demeure alors que le Lord ne veut plus entendre parler des français ?

– A coup sûr Lisbeth,  c’est un coup de Milady, qui veut empoisonner son oncle  dit Anna en riant

– Et si cela était ? ……

Le château de Vaux le Vicomte

lunch on the grass vaux le vicomte castle France

Quelle chaleur ! Il n ‘y a pas le moindre souffle d’air.  Pourtant ce château demeure l’un des endroits les plus délicieux. Me voilà à 24 ans de par mon mariage avec Nicolas Fouquet, bien aise de profiter des charmes de cet  immense domaine .Mon époux  a englouti une bonne partie de sa fortune pour réhabiliter un château misérable au départ, faire raser le village de Vaux, arracher des vignes et agrandir la propriété en achetant de nouvelles terres. …

Les  voilà enfin  tous installés. Mon dieu quelle embardée ! Déplacer plus  de 600 personnes n ‘a pas été une mince affaire. Il a fallu donner à tous, un lieu pour dormir, se vêtir et se rafraichir. Mon époux ne m ‘a pas encore présenté le jeune roi  et son épouse. Ils se reposent  dans les appartements bleus de l ‘aile droite du château.  J ai hâte de connaître l ‘infante Marie Thérèse que le roi  vient d’épouser à Saint Jean de Luz.

A les voir installés sur les pelouses,   il semblerait que les invités soient à leur  aise, et je m ‘en réjouis.

J ‘ai rencontré Madame de Sévigné, ce matin qui m ‘a félicité sur les merveilleux goûts de Nicolas. Il est vrai que mon cher époux n ‘a pas ménagé sa peine pour plaire au roi de France.

Le buffet pour le dîner comptera 1200 couverts. Nicolas a vu grand. Il est un peu anxieux car Monsieur Molière  n ‘est pas tout à fait prêt pour présenter au roi sa pièce « les fâcheux »  .Cela ne me soucie guère  car  Monsieur Molière  aime se faire prier .Et nous aurons tout loisir  de   demander à ce Jean de La Fontaine de lire quelques unes de ces méchantes poésies.

De plus, nous allons dés après le dîner, il va sans dire que notre bon Vatel saura superviser les cuisines avec talent,    mettre en route nos jets d’eau illuminés. Le roi j ‘en suis sûre, sera mort de jalousie en voyant la splendeur de cette nuit  de juillet, sans compter avec les feux d’artifice qui suivront.

Tiens, il me semble que s’approche, Monsieur, le frère du roi. Je m ‘en vais le saluer.  Tout de même que fait Nicolas  à cette heure ? Je devrais être présentée à tous les invités.  Faut   que l’on sache que je suis Marie Madeleine de Castille l ‘ épouse du surintendant des finances de France. On dirait qu’il s’arrête pour saluer le Marquis de Plessis qui bavarde avec monsieur Lully. Ma foi, laissons- les et continuons discrètement notre inspection. Mon dieu, mais quelle chaleur ! Il me faudra changer de tenue pour ce soir.

Soudain Louis Nicolas,  accourt

-Mère , l’infante Marie Thérèse  a été prise d’un étourdissement, et ne compte pas assister au grand spectacle du soir.

–  Ah non , mon fils , ne me dites pas chose  semblable  .Ce serait un affront  terrible  pour votre père,  lui qui a organisé cette soirée  spécialement pour le roi et  sa jeune épouse .

– Il y a pire mère. On raconte que père va être destituer de son poste de surintendant. On  l ‘accuserait d’avoir voler les finances royales car Vaux -le Vicomte affiche un luxe qui n ‘existe même pas à la cour, que toute cette splendeur, le château, les jardins, les jets d’eau, ne peuvent avoir été acquis que par malhonnêteté .

– Malhonnête ! Votre père ! Vous savez bien qu ‘il n ‘en est rien. N ‘allons pas ternir cette fête avec ces racontars. Allez plutôt  quérir un médecin qui nous remette sur pied cette infante fatiguée et que la soirée éblouisse le roi soleil !